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A la table de la TransCommunication Instrumentale (TCI)

Le Phénomène de voix électronique (EVP en anglais) désigne la présence sur un enregistrement audio d’un message linguistique (en majorité un seul mot ou une phrase très courte) de provenance inconnue, inséré à l’intérieur du contenu principal.

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Dès les années 30, l’Américain Attila von Szalay (Sealay), qui joignait à son métier de photographe des dons de medium, aurait essayé au moyen de diverses techniques de capturer la voix des esprits. Dans les années 50, il s’associa avec Raymond Bayless, illustrateur de littérature fantastique passionné de paranormal. Ils prétendirent avoir capté de nombreuses voix à l’intérieur d’une garde-robe isolée acoustiquement, audibles seulement lors de la réécoute.

L’intérêt pour le sujet s’accrut avec les expériences du producteur de cinéma suédois Friedrich Jurgenson (1903–1987). Lisant à l’envers un enregistrement de chants d’oiseaux fait en juin 1959, il crut entendre une faible voix norvégienne parlant des oiseaux de nuit. Jurgenson supposa qu’il s’agissait d’une interférence radiophonique, mais il n’y avait pas d’émetteur à l’endroit où l’enregistrement avait été fait. Il continua les essais chez lui et capta d’autres voix, dont celle de sa mère. Il reçut l’appui du parapsychologue Hans Bender qui se déclara en faveur d’une origine paranormale.

Par la suite un collaborateur, Konstantin Raudive (1906-1974), Lithuanien et enseignant de psychologie à l’Université d’Uppsala, poursuivit l’expérience à grande échelle. Il réalisa quelque 100 000 enregistrements selon trois modalités : dans une pièce isolée acoustiquement, bruit statique de radio et bruit statique de diode. Il dégagea quatre caractéristiques des voix électroniques : rythme différent du langage ordinaire, extrême brièveté du message et non-respect de la syntaxe, parfois mélange de différentes langues. Ces constatations furent considérées par les rationalistes comme de claires indications qu’on n’était pas en face d’une véritable communication linguistique.

Néanmoins, l’intérêt pour le phénomène ne disparut pas et en 1980 un medium, William O’Neil, inventa un dispositif destiné à capter ces voix appelé Spiricom, conçu, disait-il, selon des instructions fournies par l’esprit de George J. Mueller, physcien de l’Université Cornell. Avec un industriel intéressé depuis longtemps à son travail, George Meek, il créa une fondation distribuant gratuitement les plans de l’appareil à ceux désireux de tenter l’expérience. Néanmoins, bien qu’O’Neill ait prétendu avoir enregistré de nombreuses voix, ceux qui essayèrent son appareil ne semblent pas avoir eu autant de chance.

En 1982, l’American Association of Electronic Voice Phenomena fut fondée à Severna Park, Maryland, par Sarah Estep, partisane depuis 1970 de l’Hypothèse de survie, qui postule que l’homme est un être fondamentalement immatériel ; après une existence physique durant le temps d’une vie, il retourne à son état d’origine. L’existence des voix désincarnées serait une preuve de l’immatérialité de la nature humaine.

En 1997, des chercheurs du Département de psychologie de l’Université Western Ontario s’appuyant sur la méthode de K. Raudive et le travail de Mark Macy, chercheur en transcommunication instrumentale (communication paranormale par le biais d’écrans et moniteurs), entreprirent une nouvelle expérience. Ils réalisèrent, en 81 sessions, 60 heures et 11 minutes d’enregistrement en présence d’une personne neutre qui devait à certains moments rester silencieuse et à d’autres tenter d’engager le dialogue avec les « entités ». Les résultats, publiés en 2001 par Imants Baruss dans le Journal of Scientific Exploration, [1] ne furent pas considérés comme concluants, les sections pouvant être interprétées linguistiquement étant trop rares et espacées. Selon Baruss et son équipe, l’existence même du phénomène est improbable.

Mais la réalité des voix électroniques et leur origine paranormale garde ses partisans. En mars 2003, Alexander MacRae, chercheur en parapsychologie écossais, procéda à des enregistrements dans un laboratoire du Centre de science noétique de Petaluma, Californie. Le local était, selon ses dires, isolé acoustiquement et protégé des radiations électromagnétiques. Il déclara avoir enregistré de nombreuses voix et considère que le fait que l’isolement n’ait eu aucune influence sur elles prouve leur nature paranormale. Ses conclusions ont été publiés dans le Journal of the Society for Psychical Research (octobre 2005).

François Brune en France est l’auteur de livres, et de publications au sujet de transcommunications instrumentales.

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